8 Conseils pour vos entraînements sophrologiques

Publié le 19 Août, 2021

Vous avez décidé de faire une ou plusieurs séances de sophrologie en cabinet ou en groupe.  Et vous savez que les résultats en sophrologie ne se font pas par magie. Le mieux-être s’atteint par la répétition de la pratique.

A l’issue de la rencontre avec votre sophrologue, vous avez à votre disposition un enregistrement « audio ». Il va vous permettre de pratiquer en autonomie ; chez vous, dans la nature, au moment d’une pause au travail, en vacances…

Je vous propose ici 8 points clés pour optimiser ces moments que vous vous accordez.

 

Déterminez un moment et un objectif pour votre pratique

Vous avez fait le premier pas (le 1er RDV), vous avez en votre possession votre enregistrement « audio » (sur votre téléphone portable). A présent, vous pouvez maintenir votre motivation en pratiquant le plus régulièrement possible, selon le contexte du moment.

Trouvez le moment opportun dans votre quotidien :

  • le matin au réveil, pour démarrer la journée de manière positive,
  • en milieu de matinée, pour maintenir l’attention ou la concentration jusqu’à la pause déjeuner,
  • en début d’après-midi, en guise de « sieste » pour un moment de récupération,
  • en fin de journée au retour chez vous, pour un sas entre votre univers professionnel et personnel,
  • au moment du coucher, pour lâcher ce qui doit l’être et faciliter un meilleur sommeil.

Quoi qu’il en soit, trouvez le moment juste pour vous. Celui où vous serez pleinement disponible à vous-même, sans avoir le sentiment de prendre du temps ni sur d’autres occupations, ni à vos proches.

Un moment pour vous, parce que vous le valez bien !

Une fois ce moment trouvé, prenez le temps de réfléchir à votre intention  (ou inversement : déterminez votre objectif et le choix du moment en découlera naturellement !) :

« Qu’ai-je envie de mobiliser en moi, pour moi, au cours de mon exercice du jour ? »

En d’autres termes, prenez quelques instants avant le démarrer l’enregistrement pour penser à votre intention. Cela peut être le désir d’aller mieux, l’envie de s’accorder une pause, le besoin de se ressourcer, la nécessité de mobiliser son énergie, le souhait de lâcher la pression et les tensions… ou bien d’autres choses encore, au fur et à mesure de l’avancement dans l’accompagnement et selon les objectifs précis et individualisés que nous aurons fixé ensemble lors de notre premier rendez-vous.

Souvent l’intention de départ est aussi importante que le résultat obtenu.

 

Choisissez, adaptez, adoptez votre posture

En cabinet, nous pratiquons en position assise ou debout. Chez vous, soyez toujours libre de choisir la posture qui vous convient le mieux, selon votre état et votre besoin de l’instant.

Néanmoins, nous privilégions la posture sur une chaise parce qu’elle est tonique et active. Pour que la pratique sophrologique soit porteuse de sens, il est en effet important que vous restiez conscient, éveillé, présent à ce qui se vit en vous. Vous êtes le principal acteur de votre changement.

En adoptant cette posture tonique : votre dos droit est en appui contre le dossier, les fessiers sont au fond du siège, les cuisses en contact avec l’aplat de la chaise, les deux pieds bien à plat au sol, les mains sur les cuisses, conscient de ce contact de la paume de vos mains avec le tissu.

Et dans cette posture, fermez les yeux. Les yeux fermés, coupé du monde extérieur le temps de l’exercice, cela vous permet d’être plus attentif pour vous centrez sur votre monde intérieur, vos perceptions, vos sensations… Ce qui se vit et se manifeste en vous.

 

Prenez conscience de l’instant présent

En vous installant dans votre posture tonique, active, avant de fermer vos yeux, regardez autour de vous, observez l’endroit où vous vous trouvez. Là où vous êtes maintenant.

En prenant le temps de vous concentrer sur votre corps, vous êtes aussi dans l’instant, puisque conscient de ce avec quoi votre corps est en contact. Lorsque votre attention se porte sur votre sensation, vous êtes dans  « l’ici et maintenant ».

 

Autorisez-vous à contempler avec un regard neuf

Pendant votre entraînement, apprenez à contempler ce qui est là, en vous : les sensations corporelles, les ressentis, les pensées qui se manifestent peut-être, les idées qui apparaissent. Contemplez et accueillez tout ce que votre corps vous offre, … sans jugement, … sans apriori. Juste le constat de ce qui est.

Laissez –vous aller à porter ce regard neuf sur ce qui se présente à vous :

« Comme si c’était la première fois. »

Découvrez votre corps, vos sensations, vos émotions, les pensées… en portant ce regard « vierge ». Chaque pratique, sur un même contenu, sera différente. Laissez ici la magie opérer.

Autorisez-vous à porter un regard neuf sur vous-même, sur ceux qui vous entourent, vos proches, vos collègues, vos amis, des inconnus… et ce qui vous entoure, l’environnement proche, le contexte du moment, le monde.

Apprenez chaque jour à vous laisser surprendre par la vie, par les êtres, par les choses. Regardez les évènements, les situations, avec un regard neuf, sans les croyances, les certitudes, les schémas habituels. Faire « reset ».

 

Découvrez le principe de réalité objective, si cher à la méthode caycédienne

Comme je vous l’explique en séance, il est toujours important de respecter votre état du moment. Certains jours, vos mouvements seront plus amples, plus grands, plus rapides… et d’autres fois, ils seront peut-être plus lents, plus bas, plus calmes.

Parfois, et plus particulièrement au début de l’accompagnement, vous percevrez de la fatigue. Acceptez-le tout simplement, comme une réalité de votre état du moment. La pratique de la sophrologie n’est généralement pas la cause de cette perception. Cela est vraisemblablement le fait d’une dette de sommeil, un besoin de repos dans la période traversée.

Certains jours, des tensions ou des sensations d’inconfort seront peut-être présentes… voire subsisteront au-delà de la pratique. Apprenez ici à prendre conscience de ce que votre corps manifeste. Apprenez progressivement à l’écouter et à agir en conséquence. Posez-vous alors cette question : que puis-je faire face à cette manifestation ?

Acceptez la réalité objective du jour et autorisez-vous également à regarder ce qui est positif et agréable : quelle partie de votre corps va bien, ne manifeste ni douleur, ni gène, ni tension, ni fatigue ? Apprenez progressivement à porter le regard vers ce qui va bien. Ce qui est bon pour vous.

 

Apprenez progressivement à pratiquer en toute situation

Au début, il sera probablement nécessaire de pratiquer dans un endroit calme, sans bruit, sans interruption, en choisissant une certaine lumière. N’hésitez pas à informer vos proches de vos moments d’entraînement. Mettez –le cas échéant– une petite affiche sur la porte de la pièce où vous pratiquez : « Activité en cours. Merci de ne pas déranger ».

Au fil des entraînements, vous parviendrez progressivement à faire abstraction des bruits environnants. Peut-être même que la présence des bruits alentours vous permettra de prendre conscience du moment présent.

« Si j’entends la cloche de l’église du quartier, le chant du coq ou l’aboiement du chien de mon voisin, mes pensées ne sont alors ni dans le passé (ruminations des choses antérieures), ni dans le futur (préoccupations des choses à venir) ! »

Quoi qu’il en soit, soyez indulgent avec vous-même : les pensées et les idées parasites se manifesteront de temps en temps. Il s’agit alors d’en prendre conscience, d’accepter leur présence,  pour mieux les laisser passer. Vous pourrez vous concentrer sur vos sensations corporelles, votre respiration et la voie qui vous guide pour revenir tranquillement au moment présent.

 

Accordez-vous un temps de pause en fin d’exercice

En sophrologie, la pratique (respiration, mouvements, visualisation) est certes le moment central. Néanmoins, accordez-vous 10 minutes de pause avant de passer à autre chose.

Prenez ce temps pour vous, pour vous mettre pleinement et tranquillement à l’écoute de votre corporalité, vos sensations physiques, vos manifestations émotionnelles, vos pensées créatives issues de ce moment de calme et de parenthèse que vous venez de vous accorder.

Il serait dommage de se priver des informations positives, des idées nouvelles, des solutions qui se présentent peut-être à vous là, maintenant, dans ce moment de sérénité. Moment précieux.

 

Ecrivez….  exprimez-vous librement

A l’issue de cette pause d’intégration du vécu et de ce qui se manifeste encore, prenez le temps de mettre en mot. Ecrivez à la première personne, faites des phrases, choisissez librement chaque mot qui décrit selon vous ce que vous avez envie de transcrire de votre expérience de l’instant.

Offrez-vous un joli carnet et un beau stylo !

Ces termes sont-ils juste le reflet d’une mode du moment (films, séries, articles de presse…) ou s’agit-il vraiment de prendre ce sujet à la hauteur des besoins et des difficultés rencontrés par les personnes concernées ?

Prenons le temps de nous attarder un peu sur les différents termes : de quoi parle-t-on et quelles sont les causes de ces manifestations ? Comment peut-on identifier si l’on est concerné ? Existe-t-il des tests ?

Vous ou quelqu’un de votre entourage est-il concerné ? Dans ce cas, pourquoi est-il important de le savoir ?

En quoi la sophrologie peut-elle nous aider ?

Commençons par préciser de quoi nous parlons

Le sous- titre de cet article reprend quelques-uns des termes utilisés dans les champs scientifiques ou médiatiques. Chacune de ses caractéristiques mériterait d’ailleurs un article spécifique, tant les manifestations et l’accompagnement sont différents.

Dans cet article, je vais m’attarder davantage sur les hypersensibilités.

Prenons toutefois le temps de préciser ce que signifient ces différents sigles.

HPI : Haut Potentiel Intellectuel (ou précoce intellectuel). Sont considérées comme surdouées ou HPI, les personnes dont le Quotient Intellectuel est supérieur à 130. Cependant être surdoué, c’est bien plus qu’avoir un QI élevé.

A leur rencontre, j’ai appris à écouter leur vécu et je préfère aujourd’hui parler de personnes aux intérêts et aux intelligences multiples. Qu’est-ce donc ? Les intelligents multiples sont spontanément intéressés par beaucoup de domaines, et au-delà de leur appétence pour ces sujets, ils sont très souvent (sur)douées dans ces domaines et plus largement dans les sphères intellectuelles, émotives ou cognitives, physiques et créatives : les langues, les logico-maths, les matières scolaires classiques, le sport, la musique, le chant, les arts, la nature, la justice, le bricolage, les méthodologies… etc …. etc ! Parfois, ces personnes sont « douées » ou « surdouées » sans en avoir conscience.

« Mais non, je ne suis pas doué. La réponse à ta question est logique et simple » dit Micka. « Ah bon ! Et est-ce que tu penses que c’est aussi facile pour tous les élèves de ta classe ? » dis-je.

EP : Enfant Précoce ou EIP : Enfant Intellectuellement Précoce, terme spécifiquement utilisé par l’Education Nationale, qui dispose de Référent EIP. Les enseignants peuvent faire appel à eux afin d’avoir des conseils pour accompagner au mieux ces élèves atypiques. Un PPRE, Programme Personnalisé de Réussite Educative, peut alors être sollicité avec l’accord préalable des parents.

Précoce laisse entendre « en avance » pour son âge. Ils montrent de l’intérêt pour pleins de sujets, très tôt, très jeune.  Les parents s’étonnent souvent :

« Il passe beaucoup plus de temps avec des adultes qu’avec des enfants de son âge ».

HSE : Hyper Sensible Émotionnel.  On entend souvent : « il/elle pleure pour un rien ». Qu’en est-il ? … Ces personnes ont une perception intense des émotions.  Nous allons y revenir plus longuement dans la suite de cet article.

HSS : Hyper Sensible Sensoriel. Tout ou partie des 5 sens sont plus affûtés que chez la majorité des personnes. On y reviendra également plus en détail.

Zèbre : personne atypique et singulière (chaque zèbre n’a-t-il pas des rayures uniques, comme nous avons nos propres empreintes digitales). Zèbre signifie que chaque personne présente des manifestations singulières. Il n’existe pas de profil type. Tous ne présentent pas un ensemble de caractéristiques identiques, nous l’avons dit plus haut.

Douance : « un enfant est dit doué quand son rythme de développement intellectuel est (très) supérieur à celui de la moyenne des enfants du même âge, alors que son développement affectif et relationnel correspond aux normes de son âge ». Son état émotionnel peut souvent être perçu comme « immature ». Ce terme -la douance- est surtout utilisé au Canada. Il l’est depuis peu en France.

ET : Extra-Terrestre, c’est le terme qu’utilisent les personnes concernées par le sujet. Extra-terrestres car elles ont clairement le sentiment de vivre sur une autre planète, d’être décalé, incompris, … pas à leur place ! « Parfois, j’ai l’impression d’être fou/folle » témoignent souvent les adolescents, … et les adultes.

« Enfant en récré, puis ado en soirée, et maintenant adulte, lors d’un apéro ou d’une sortie, je ne trouve pas mon alter ego. La personne avec qui je me sens comprise. La situation où je n’ai pas le sentiment d’être totalement décalée », dit Marceline – 54 ans.

 

Depuis 2019, il existe la journée mondiale de la sensibilité (le 13 janvier) créée par Saverio Tomasella (*).

Puisse cette action aider à mieux communiquer sur ce sujet, afin d’apporter des clés, des outils, des éléments de compréhension aux intéressés, à leurs parents et fratrie, grands-parents et ami-es, aux éducateurs, entraineurs et autres enseignants et professeurs, collègues et supérieurs. Et si le sujet concerne certes les enfants, il touche également les adolescents, les adultes… et même des séniors qui trouvent parfois tardivement –et enfin– une explication à leur vécu, leur parcours atypique.

« Je comprends enfin pourquoi j’ai toujours tout perçu de manière si différente de mes ami-es et proches » dit Ancelin, 78 ans.

Qu’est-ce que l’hyper-sensibilité ? Qui sont ces hypersensibles ?

Les spécialistes s’accordent à dire que l’hypersensibilité n’est pas une maladie, ni un trouble. Ce n’est pas non plus une faiblesse. Il s’agit d’un trait de caractère, un tempérament. C’est une manière différente de percevoir les évènements, une sensibilité plus forte au monde, aux autres, à soi…, aux émotions et parfois aux différentes sensorialités (ce qui est perçu par les 5 sens).

« Il s’agit d’un type de fonctionnement du cerveau, qui peut concerner des aspects émotionnels, sensoriels et physiologiques », dixit Cathy ASSENHEIM, neuropsychologue.

« Les neurosciences démontrent que le cerveau d’un individu hypersensible n’est pas structurellement différent de la moyenne de la population, mais son système de traitement neuro sensoriel lui confère une façon spécifique de percevoir le monde qui l’entoure et de ressentir ses émotions ou ses sensations. » poursuit-elle.

 

Une sensibilité élevée -également- pour tous les sujets de la vie, un sens aigü de la justice et un besoin fort de cohérence, de logique, de pertinence. Une excellente mémoire parfois. En effet, lorsqu’ils posent une question, abordent un sujet, et que vous proposez d’y revenir plus tard, généralement ils ne lâchent rien. D’un moment à l’autre, d’une semaine à l’autre, ils nous relancent : « tu n’as pas oublié ma question ? Tu n’as pas oublié d’amener cet objet, article ou matériel… ! ». Si ce n’est pas :  « mais ça, on en a déjà parlé. Pouvons-nous passer à un autre sujet ou exercice ? ».

Hyper, cela signifie que les choses sont plus intenses : les émotions sont perçues avec plus de force, les siennes et celles des autres. Les sens sont plus affutés. Les sujets d’intérêts sont plus nombreux et plus approfondis. Et chez les tout-petits, déjà, les questions fusent. Ils ont besoin de sens, de comprendre, de démonter et remonter des objets pour en découvrir le fonctionnement.

Et, pour une fois Homme / Femme sont à équité. Nous sommes touchés à part égal. Peut-être, néanmoins, peut-on dire que filles et garçons ne gèrent pas tout à fait de la même manière leur sensibilité. Là où les garçons sont souvent qualifiés de perturbateurs, les filles sont davantage dans le camouflage, le masque. Elles tentent peut être davantage de dissimuler les choses pour ne pas se faire remarquer.

Lorsqu’un hypersensible est en colère, il ressent très fort cette colère. L’hypersensible perçoit sa colère dans tout son être. Comme tout le monde, et peut être avec beaucoup plus d’intensité. Elle est très envahissante, quelque fois très inconfortable. Souvent, il leur est difficile -voire impossible- de comprendre ce qui leur arrive. Ils ne parviennent pas à faire du lien entre une information extérieure (ou intérieure) et les émotions ou sensations qui se manifestent en eux. L’émotion amène milles questions et les ressentis ou pensées peuvent mettre du temps à s’en aller. Accordons-nous à dire que ce débordement émotionnel peut aussi être difficile pour les adultes.

Lorsqu’un hypersensible est heureux, joyeux, content,… tous les pores de son corps le transpirent. Il a alors besoin et envie de communiquer cette joie à tout le monde. Tout de suite ! Il ne comprend pas que -parfois- ce n’est pas le bon moment.

Lorsqu’un hypersensible entre dans une pièce où des personnes sont en tension, il le perçoit généralement instantanément. Souvent d’ailleurs, l’hypersensible ressent les émotions des autres très intensément, comme si c’est lui-même qui vivait la situation. Déroutant ! Nathanaël, 12 ans, me disait, en parlant de la tristesse d’une amie :

« je le sens si fort que j’ai l’impression que c’est à moi que ça arrive »

Quant à l’hypersensibilité sensorielle, elle est souvent le fait d’enfants « surdoués ». Elle constitue un trait de caractère particulier : les choses perçues par l’un des cinq sens, le sont -là aussi- avec beaucoup d’intensité. Imaginez que les choses sont vues, ressenties ou perçues avec une loupe hyper grossissante.

Les sons et les paroles sont perçus avec une grande acuité. « Ma famille m’appelle la petite commère », me disait Naïla l’autre jour. « Ce n’est pas de ma faute si j’entends bien, … très bien. Même lorsqu’ils chuchotent ! ». On parle parfois d’hyperacousie.

Les sensations corporelles sont parfois très intensément ressenties : Rohan demande systématiquement à sa mère de couper toutes les étiquettes à l’intérieur des vêtements. Il retire chaussures et chaussettes dès que nous démarrons la séance. « La couture du bout des chaussettes me gêne ». On peut appeler cela l’hyperkynesthésie.

D’autres personnes sont très sensibles au bruit et/ou à la lumière. Lorsque la luminosité extérieure est importante, Achille tire instantanément les rideaux ou les volets de la pièce où nous travaillons. Hugo se bouche les oreilles lorsque les sons, les bruits alentours sont trop forts. Jarod se plaint souvent de migraine. Warren, alors que nous travaillons dans une salle au milieu d’un bâtiment, réagit à un bruit bien extérieur… celui qui provient d’une tondeuse, quatre ou cinq rues plus loin : « Ce bruit de fond m’empêche de me concentrer sur ce que dit mon maître, je n’entends que cela ». Luka peut avoir un comportement très agressif lorsque, les jours de pluie, sa classe fait sport ou récré sous le préau, très/trop sonore. L’écho des cris des enfants est ressenti dans tout leur corps avec inconfort et incompréhension.

« Quand le bruit des autres est trop fort, je crie encore plus fort pour couvrir, pour ne plus entendre tous ces sons insupportables » dit Mia lors du bilan des séances de groupe.

Et puis, il y a les personnes à l’odorat très développé : l’hypersensibilité olfactive. Gaëtan est capable de reconnaitre les personnes à leur odeur corporelle. Il est aussi capable, sans le voir, de repérer un fumeur à 50 mètres de lui, lui tournant le dos. Et puis, il y a cette parole très spontanée : « tu pues ! » lorsqu’ils sentent une odeur de transpiration après l’enchaînement des exercices dynamiques.

 

Quelques chiffres ?

20 millions de personnes en France sont concernées. On dit qu’actuellement se sont environ 20% des individus qui sont touchés par une hyper-sensibilité. Et certains spécialistes annoncent que ce chiffre va augmenter, pour atteindre probablement 30% de la population.

Quant aux HPI, les chiffres sont plus bas : on parle de 2.3% de la population.

Vous l’aurez compris, douance et sensibilité sont deux aspects différents de la personnalité. Néanmoins, parfois elles peuvent être présentes en même temps : l’enfant est à la fois doué et sensible. Parfois, on peut constater la présence d’une douance, d’une sensibilité et de troubles de type « dys- » (-lexie, -orthographie, -graphie, -praxie et/ou attention, concentration). Et parfois, un seul trait de caractère est présent.

 

Quelles sont les causes de ces traits de caractère ?

Les études sur ces thématiques sont relativement récentes. Les connaissances évoluent régulièrement. De nombreux scientifiques continuent à étudier ces sujets pour mieux nous aider à comprendre et accompagner.

L’origine de ces tempéraments reste encore difficile à expliquer avec certitude. Néanmoins, les spécialistes établissent que les causes sont multifactorielles : elles seraient un savant mélange entre « prédispositions familiales », « expérience de vie » et « impact de l’environnement ». Choc émotionnel, stress post-traumatique… peuvent être quelques-unes des causes possibles.

Ces traits de personnalité peuvent donc être en lien avec le vécu, depuis la prime-enfance, voire de la période intra-utérine. Et, plus tard, lorsque l’adolescent vit ou subit un stress très fort, dort peu ou mal, la combinaison de ces deux éléments peut momentanément renforcer son hypersensibilité. Les épreuves, les changements majeurs constituent parfois ces périodes temporaires.

Enfin, certains professionnels pensent que les changements hormonaux peuvent avoir une influence sur la perception des émotions, des sensations.

 

Comment peut-on savoir si l’on concerné ? Existe-t-il des tests ?

Pour les hyper-sensibles : depuis plusieurs années déjà, Elaine ARON spécialiste américaine du sujet, a créé un questionnaire. Saverio TOMASELLA a adapté un questionnaire en français : https://www.saveriotomasella.com/test.

Pour les hauts potentiels : un test existe, que seul un psychologue spécialisé est habilité à vous faire passer.

 

Quels sont les signes les plus significatifs, permettant de se sentir « atypiques » ?

  • Une capacité à traiter de grandes quantités d’informations et de les analyser rapidement,
  • Une perception et un traitement des informations sensorielles détaillés,
  • Une grande fatigabilité,
  • Un besoin important de justice, de cohérence,
  • Une grande sensibilité au stress,
  • Une grande sensibilité émotionnelle,
  • Beaucoup d’empathie.

Les personnes atypiques sont aussi curieuses, parfois solitaires, souvent perfectionnistes, s’ennuyant dans certains contextes.

Nous avons tous l’un ou l’autre de ces signes. Cela ne fait pas de nous tous des hyper-sensibles. Pour être reconnu hypersensible ou précoce, il doit y avoir plusieurs signes en présence en même temps. Et cela doit alors être validé par un-e  spécialiste dans ce domaine de compétence.

 

Comment la Sophrologie peut aider à mieux vivre cette singularité ?

La sophrologie permet avant tout de mieux se connaitre. Mieux comprendre le fonctionnement de notre corps, de nos pensées, de nos émotions, de nos sensations… pour mieux vivre son atypie.

Pour les enfants, les adolescents, les adultes, en tant que sophrologue, nous apportons des outils concrets pour apprendre à identifier ce qui se passe en eux, pour leur permettre de comprendre et d’agir différemment, pour moins subir les situations inconfortables et difficiles.

Je rencontre des tout-petits, 3/6 ans, qui témoignent des montagnes russes qu’ils vivent, toutes ces émotions vives et diverses, ressenties au fil de la journée. Faïza, visage peiné, me dit :

« Je suis très triste aujourd’hui. Mon papa me manque. Je suis différente des autres. Et je n’ai pas d’ami-es. Je suis allée pleurer toute seule, dans un coin de la cour ».

Vous l’aurez constaté au fil de cet article, stress et fatigue sont des amplificateurs de sensibilité. La sophrologie va aider à acceuillir les émotions, améliorer la qualité du sommeil.

La sophrologie dispose de divers outils pour comprendre ce qui se vit dans notre corps, notre mental. Elle permet de mieux se connaitre, mieux réguler les émotions, le stress, l’angoisse, la fatigue. Apprendre à diminuer la charge mentale.

Le sophrologue adapte les conseils et les pratiques à chaque situation particulière, selon le vécu et les sensibilités repérés.

Ma pratique et mon accompagnement sont étayés par mes expériences professionnelles antérieures, ma formation de sophrologie caycédienne, mes formations régulières spécifiques sur ces thèmes, les nombreuses personnes accompagnées, un vécu, des proches touchés par ces thématiques.

 

Alors, cadeau ou fardeau ?

Au fil des séances d’accompagnement, la sophrologie aide à mieux se connaitre pour mieux accepter et vivre avec ses différences. Chacun-e apprend à apprivoiser ses perceptions. Chacun apprend à réfléchir et trouver en quoi sa singularité, sa personnalité, ses compétences particulières vont être des atouts dans la vie personnelle, sociale, familiale et professionnelle.

Toute l’énergie dépensée au niveau des émotions accumulées a un impact sur le plan physique. Fatigue accrue, trouble du sommeil, tension nerveuse, dérèglement digestif, anxiété souvent accrue, risque d’épuisement.

La sophrologie aide à mieux se connaitre pour mieux vivre sa singularité. Trouver sa place dans les différents domaines de vie. Agir et non plus subir sa réactivité. Savoir se mettre en retrait pour se ressourcer.

L’idée étant de pouvoir petit à petit allèger le fardeau pour laisser se dévoiler tous les potentiels, toutes les portes qui peuvent s’ouvrir à ces multiples potentiels, à vos multiples pontentiels.

 

Quelques références :
  • Elaine ARON, psychologue américaine, auteure et créatrice d’un test de repérage / hypersensibilité
  • Nathalie ALSTEEN, créatrice du congrès de la Douance
  • Cathy ASSENHEIM, neuropsychologue – propose un diagnostic en ligne
  • Séverine GUY, éducatrice spécialisée et mère d’enfants à haut potentiel, créatrice de congrès
  • Siegfried CEY, créateur de l’Université des Hauts Potentiels
  • Jeanne SIAUD-FACCHIN, psychologue clinicienne, auteure et fondatrice de Cogito’Z
  • Fabrice MIDAL, philosophe et auteur
  • Saverio TOMASELLA (*), psychologue, psychanalyste et auteur. Créateur de l’Observatoire de la Sensibilité et d’un test de 40 questions pour repérer son hypersensibilité (ou non)
  • Christelle PETITCOLIN, auteure du livre « Je pense trop »
  • Monique HUON de KERMADEC, auteure des livres « La Femme surdouée », « l’adulte surdoué », « Le petit surdoué de 6 mois à 6 ans » …
  • Daniel GOLEMAN, psychologue américain et auteur de l’ouvrage « L’intelligence émotionnelle »

Etre sensible et different, fardeau ou cadeau ?

HPI, HS, zèbre, surdoué pour les uns. Extra-terrestre pour les autres ! Comment la sophrologie peut vous aider ?

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1 Commentaire

  1. NATHALIE SAGET

    Je suis tout à fait d’accord ! Il est capital de s’autoriser à « se foutre la paix » de manière régulière, chaque jour dans l’idéal.
    Prendre du temps (ne serait-ce que quelques minutes) pour soi sans culpabiliser, oui, ça s’apprend,… et qu’est-ce que ça fait du bien !

    Réponse

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