Ma respiration

Publié le 11 Juil, 2022

« La respiration est l’acte le plus important de notre vie. C’est un des principaux piliers de l’énergie et de la vitalité.

Et pourtant, vous faites peut être parti des nombreuses personnes  à avoir une respiration courte et/ou haute. C’est-à-dire que vous respirez rapidement, essentiellement par le haut de votre buste, surtout par la bouche, voire parfois… vous restez de longs moments sans vraiment respirer !

Quand nous ne savons  pas respirer, quand nous sommes en apnée à chaque moindre situation de stress, quand nous hyperventilons en permanence, nous sommes en mode « survie » !

Nous sommes alors en énergie basse et nous vieillissons plus rapidement

Vivre et vieillir en bonne santé c’est possible et ça s’apprendet la respiration est un point clé de cet apprentissage. » D.TAN

 La respiration, le souffle, la vie

Les disciplines de médecines alternatives (nous pouvons préférer le mot « complémentaires ») sont nombreuses à proposer des exercices de respiration. Souvent simples à faire au quotidien, ils ont un réel impact sur nos vies…

Nous pouvons apprendre à utiliser cet outil de mieux-être pour notre santé qu’est la respiration. Utile et efficace dans pleins de champs, de domaines.

En effet, savez-vous que la Respiration peut vous aider pour :

  • désamorcer le stress,
  • réguler la fatigue,
  • mieux accueillir et vivre vos émotions,
  • réduire les effets de la déprime,
  • retrouver de la vitalité,
  • améliorer votre concentration,
  • … et bien d’autres choses encore !

Pensez-vous savoir bien respirer ? … Et en fait, c’est quoi « bien respirer » ? Par le nez, par la bouche, par le ventre, le thorax… ? Et si vous respirez bien, avez-vous réussi à transformer ce « savoir respirer » en une pratique spontannée ? Autrement dit, est-ce que vous respirez bien tout le temps, sans même y penser ? Pas sûr ! Et si vous hésitez encore à améliorer votre respiration, voici encore quelques autres bienfaits d’une bonne respiration.

Nous respirons tous, tout au long de notre journée circadienne (cycle de 24h), sans y réfléchir. Et encore une fois, la question important est : « est-ce que nous respirons bien ? »

« 9 français sur 10 hyperventilent et/ou respirent par la bouche. »

Sachant que notre respiration a un impact sur le fonctionnement de tout notre organisme, vous l’aurez compris, bien respirer en améliore notablement l’efficacité, donc notre santé.

La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons tous apprendre à mieux ou bien respirer. En effet, la respiration est la seule fonction vitale de notre organisme à pouvoir être dirigée. Et par quelques conseils et techniques, nous pouvons ainsi reprendre en main notre santé.

Ainsi, en plus des effets déjà cité plus haut, en améliorant notre respiration, nous renforçons :

  • la régénération de notre corps,
  • notre circulation sanguine,
  • la stimulation de notre système immunitaire,
  • l’optimisation de la bonne transformation des nutriments en énergie.

« Une bonne respiration est un booster phénoménal pour l’immunité, l’énergie, le sommeil, la concentration, la libido, la régulation du poids, les problèmes digestifs, les performances sportives,… etc.»

Le corps et la respiration : élimination des déchets et des tensions

Il y a d’autres raisons importantes de bien respirer pour notre bonne santé : l’élimination des déchets et autres toxines stockées dans notre organisme.

« 70% des déchets organiques sont éliminés par les voies respiratoires. »

En apprenant à bien expirer, nous augmentons le volume de toxines évacuées au quotidien.

Par ailleurs, la respiration nous permet également d’éliminer ou à minima, de réduire les tensions corporelles et/ou nerveuses. Pour cela, faisons un petit tour du côté de notre Système Nerveux, dit Autonome.

Le système nerveux autonome, comme son nom l’indique, fonctionne indépendamment de notre volonté. Il contrôle le fonctionnement de différents organes et assure la digestion, la sécrétion des glandes, la fréquence cardiaque, la température du corps… etc.

Et notre système nerveux est divisé en deux parties :

  • le système nerveux sympathique : destiné à créer l’énergie nécessaire à notre corps pour passer à l’action ou pour gérer des situations de stress ;
  • le système nerveux parasympathique : chargé de maintenir le corps en équilibre ou de le ramener au calme après une situation difficile, stressante ou émotionnellement bouleversante.

Lorsque les situations complexes perdurent trop longtemps, le système nerveux parasympathique ne parvient plus à ramener le corps à l’équilibre. Ce dernier entre alors dans une phase de mauvaise gestion des ressources et une production souvent excessive de déchets (toxines).

La respiration constitue alors un moyen doublement efficace pour gérer cette phase :

  • en éliminant les déchets
  • en permettant de retrouver l’équilibre corps-esprit, pour un retour au calme par l’élimination des tensions musculaires, nerveuses, émotionnelles et mentales.

En effet, le Système Nerveux Autonome peut également être contrôlé par la respiration consciente. Cet équilibre se nomme « la cohérence cardiaque ».

Et l’un des composants les plus importants du système nerveux parasympathique est le nerf vague. Il connecte le cerveau à différents autres organes, tel la langue, le pharynx, les cordes vocales, les poumons, le cœur, les intestins. Le nerf vague crée du lien entre « cerveau – cœur – poumon – ventre ». Par la respiration, il permet de contrôler l’activité cérébrale, le rythme cardiaque et le mental.

Vous l’aurez compris, grâce à votre capacité de bien respirer, grâce à votre capacité à diriger consciemment votre respiration (en donnant un rythme spécifique selon les situations vécues), vous avez en vous un outil majeur de retour au calme, à l’équilibre. Grâce à la respiration, le nerf vague  transmet au cœur, au cerveau et au corps un message de paix.

Pourquoi apprendre à mieux respirer ?

Et si vous doutez encore des bienfaits d’une bonne respiration, voici quelques extraits glanés ici et là :

« Quand on souhaite changer quelque chose en soi, une attitude ou une habitude de vie, il est très important de regarder comment on respire et changer cette façon de respirer qui, dans la majorité des cas, est mauvaise.»

« Avec quoi vous expérimentez votre vie ? Avec votre esprit ! Et il est comme des lunettes, s’il est sale, on va expérimenter quelque chose de «sale». Avec quoi peut-on nettoyer notre filtre d’expérimentation de la vie ? Avec la respiration ! »

« La respiration ce sont les rênes de votre intériorité. Si ce que vous vivez ne vous convient pas, vous allez pouvoir le modifier en modifiant votre façon de respirer.»

 « L’enjeu est de prendre le contrôle sur 1% de vos respirations, respirer en conscience sur 1%. Si vous faites ça pendant 2 mois, vous allez créer des habitudes vertueuses et ça va commencer à vous changer la vie. »

« Ce qui est génial avec la respiration, c’est que c’est un outil qu’on porte sur soi en permanence. » 

Qui peut gagner à mieux respirer ?

  • Pour les personnes stressées, fatiguées, déprimées,
  • Pour perdre du poids,
  • Pour retrouver de la vitalité,
  • Pour améliorer sa concentration, son attention,
  • Pour renforcer votre système immunitaire et être en meilleur santé,
  • Pour vous sortir de toutes les situations difficiles de votre vie,
  • Pour accéder à un niveau de conscience plus élevé grâce à la maîtrise de votre respiration.
  • Pour exister en pleine présence à soi.

Respirer en conscience, c’est être en capacité d’acceuilir vos émotions, peu importe les circonstances. Respirer en conscience permet d’apaiser son état d’être.

Et n’oublions pas :

  • nous commençons notre vie par une inspire,
  • nous terminons notre vie par une expire.

Bien respirer au cours de notre vie est un cadeau, un devoir.

N’hésitez pas à pratiquer un premier exercice de respiration : tout au bas de la page ici

Ces termes sont-ils juste le reflet d’une mode du moment (films, séries, articles de presse…) ou s’agit-il vraiment de prendre ce sujet à la hauteur des besoins et des difficultés rencontrés par les personnes concernées ?

Prenons le temps de nous attarder un peu sur les différents termes : de quoi parle-t-on et quelles sont les causes de ces manifestations ? Comment peut-on identifier si l’on est concerné ? Existe-t-il des tests ?

Vous ou quelqu’un de votre entourage est-il concerné ? Dans ce cas, pourquoi est-il important de le savoir ?

En quoi la sophrologie peut-elle nous aider ?

Commençons par préciser de quoi nous parlons

Le sous- titre de cet article reprend quelques-uns des termes utilisés dans les champs scientifiques ou médiatiques. Chacune de ses caractéristiques mériterait d’ailleurs un article spécifique, tant les manifestations et l’accompagnement sont différents.

Dans cet article, je vais m’attarder davantage sur les hypersensibilités.

Prenons toutefois le temps de préciser ce que signifient ces différents sigles.

HPI : Haut Potentiel Intellectuel (ou précoce intellectuel). Sont considérées comme surdouées ou HPI, les personnes dont le Quotient Intellectuel est supérieur à 130. Cependant être surdoué, c’est bien plus qu’avoir un QI élevé.

A leur rencontre, j’ai appris à écouter leur vécu et je préfère aujourd’hui parler de personnes aux intérêts et aux intelligences multiples. Qu’est-ce donc ? Les intelligents multiples sont spontanément intéressés par beaucoup de domaines, et au-delà de leur appétence pour ces sujets, ils sont très souvent (sur)douées dans ces domaines et plus largement dans les sphères intellectuelles, émotives ou cognitives, physiques et créatives : les langues, les logico-maths, les matières scolaires classiques, le sport, la musique, le chant, les arts, la nature, la justice, le bricolage, les méthodologies… etc …. etc ! Parfois, ces personnes sont « douées » ou « surdouées » sans en avoir conscience.

« Mais non, je ne suis pas doué. La réponse à ta question est logique et simple » dit Micka. « Ah bon ! Et est-ce que tu penses que c’est aussi facile pour tous les élèves de ta classe ? » dis-je.

EP : Enfant Précoce ou EIP : Enfant Intellectuellement Précoce, terme spécifiquement utilisé par l’Education Nationale, qui dispose de Référent EIP. Les enseignants peuvent faire appel à eux afin d’avoir des conseils pour accompagner au mieux ces élèves atypiques. Un PPRE, Programme Personnalisé de Réussite Educative, peut alors être sollicité avec l’accord préalable des parents.

Précoce laisse entendre « en avance » pour son âge. Ils montrent de l’intérêt pour pleins de sujets, très tôt, très jeune.  Les parents s’étonnent souvent :

« Il passe beaucoup plus de temps avec des adultes qu’avec des enfants de son âge ».

HSE : Hyper Sensible Émotionnel.  On entend souvent : « il/elle pleure pour un rien ». Qu’en est-il ? … Ces personnes ont une perception intense des émotions.  Nous allons y revenir plus longuement dans la suite de cet article.

HSS : Hyper Sensible Sensoriel. Tout ou partie des 5 sens sont plus affûtés que chez la majorité des personnes. On y reviendra également plus en détail.

Zèbre : personne atypique et singulière (chaque zèbre n’a-t-il pas des rayures uniques, comme nous avons nos propres empreintes digitales). Zèbre signifie que chaque personne présente des manifestations singulières. Il n’existe pas de profil type. Tous ne présentent pas un ensemble de caractéristiques identiques, nous l’avons dit plus haut.

Douance : « un enfant est dit doué quand son rythme de développement intellectuel est (très) supérieur à celui de la moyenne des enfants du même âge, alors que son développement affectif et relationnel correspond aux normes de son âge ». Son état émotionnel peut souvent être perçu comme « immature ». Ce terme -la douance- est surtout utilisé au Canada. Il l’est depuis peu en France.

ET : Extra-Terrestre, c’est le terme qu’utilisent les personnes concernées par le sujet. Extra-terrestres car elles ont clairement le sentiment de vivre sur une autre planète, d’être décalé, incompris, … pas à leur place ! « Parfois, j’ai l’impression d’être fou/folle » témoignent souvent les adolescents, … et les adultes.

« Enfant en récré, puis ado en soirée, et maintenant adulte, lors d’un apéro ou d’une sortie, je ne trouve pas mon alter ego. La personne avec qui je me sens comprise. La situation où je n’ai pas le sentiment d’être totalement décalée », dit Marceline – 54 ans.

 

Depuis 2019, il existe la journée mondiale de la sensibilité (le 13 janvier) créée par Saverio Tomasella (*).

Puisse cette action aider à mieux communiquer sur ce sujet, afin d’apporter des clés, des outils, des éléments de compréhension aux intéressés, à leurs parents et fratrie, grands-parents et ami-es, aux éducateurs, entraineurs et autres enseignants et professeurs, collègues et supérieurs. Et si le sujet concerne certes les enfants, il touche également les adolescents, les adultes… et même des séniors qui trouvent parfois tardivement –et enfin– une explication à leur vécu, leur parcours atypique.

« Je comprends enfin pourquoi j’ai toujours tout perçu de manière si différente de mes ami-es et proches » dit Ancelin, 78 ans.

Qu’est-ce que l’hyper-sensibilité ? Qui sont ces hypersensibles ?

Les spécialistes s’accordent à dire que l’hypersensibilité n’est pas une maladie, ni un trouble. Ce n’est pas non plus une faiblesse. Il s’agit d’un trait de caractère, un tempérament. C’est une manière différente de percevoir les évènements, une sensibilité plus forte au monde, aux autres, à soi…, aux émotions et parfois aux différentes sensorialités (ce qui est perçu par les 5 sens).

« Il s’agit d’un type de fonctionnement du cerveau, qui peut concerner des aspects émotionnels, sensoriels et physiologiques », dixit Cathy ASSENHEIM, neuropsychologue.

« Les neurosciences démontrent que le cerveau d’un individu hypersensible n’est pas structurellement différent de la moyenne de la population, mais son système de traitement neuro sensoriel lui confère une façon spécifique de percevoir le monde qui l’entoure et de ressentir ses émotions ou ses sensations. » poursuit-elle.

 

Une sensibilité élevée -également- pour tous les sujets de la vie, un sens aigü de la justice et un besoin fort de cohérence, de logique, de pertinence. Une excellente mémoire parfois. En effet, lorsqu’ils posent une question, abordent un sujet, et que vous proposez d’y revenir plus tard, généralement ils ne lâchent rien. D’un moment à l’autre, d’une semaine à l’autre, ils nous relancent : « tu n’as pas oublié ma question ? Tu n’as pas oublié d’amener cet objet, article ou matériel… ! ». Si ce n’est pas :  « mais ça, on en a déjà parlé. Pouvons-nous passer à un autre sujet ou exercice ? ».

Hyper, cela signifie que les choses sont plus intenses : les émotions sont perçues avec plus de force, les siennes et celles des autres. Les sens sont plus affutés. Les sujets d’intérêts sont plus nombreux et plus approfondis. Et chez les tout-petits, déjà, les questions fusent. Ils ont besoin de sens, de comprendre, de démonter et remonter des objets pour en découvrir le fonctionnement.

Et, pour une fois Homme / Femme sont à équité. Nous sommes touchés à part égal. Peut-être, néanmoins, peut-on dire que filles et garçons ne gèrent pas tout à fait de la même manière leur sensibilité. Là où les garçons sont souvent qualifiés de perturbateurs, les filles sont davantage dans le camouflage, le masque. Elles tentent peut être davantage de dissimuler les choses pour ne pas se faire remarquer.

Lorsqu’un hypersensible est en colère, il ressent très fort cette colère. L’hypersensible perçoit sa colère dans tout son être. Comme tout le monde, et peut être avec beaucoup plus d’intensité. Elle est très envahissante, quelque fois très inconfortable. Souvent, il leur est difficile -voire impossible- de comprendre ce qui leur arrive. Ils ne parviennent pas à faire du lien entre une information extérieure (ou intérieure) et les émotions ou sensations qui se manifestent en eux. L’émotion amène milles questions et les ressentis ou pensées peuvent mettre du temps à s’en aller. Accordons-nous à dire que ce débordement émotionnel peut aussi être difficile pour les adultes.

Lorsqu’un hypersensible est heureux, joyeux, content,… tous les pores de son corps le transpirent. Il a alors besoin et envie de communiquer cette joie à tout le monde. Tout de suite ! Il ne comprend pas que -parfois- ce n’est pas le bon moment.

Lorsqu’un hypersensible entre dans une pièce où des personnes sont en tension, il le perçoit généralement instantanément. Souvent d’ailleurs, l’hypersensible ressent les émotions des autres très intensément, comme si c’est lui-même qui vivait la situation. Déroutant ! Nathanaël, 12 ans, me disait, en parlant de la tristesse d’une amie :

« je le sens si fort que j’ai l’impression que c’est à moi que ça arrive »

Quant à l’hypersensibilité sensorielle, elle est souvent le fait d’enfants « surdoués ». Elle constitue un trait de caractère particulier : les choses perçues par l’un des cinq sens, le sont -là aussi- avec beaucoup d’intensité. Imaginez que les choses sont vues, ressenties ou perçues avec une loupe hyper grossissante.

Les sons et les paroles sont perçus avec une grande acuité. « Ma famille m’appelle la petite commère », me disait Naïla l’autre jour. « Ce n’est pas de ma faute si j’entends bien, … très bien. Même lorsqu’ils chuchotent ! ». On parle parfois d’hyperacousie.

Les sensations corporelles sont parfois très intensément ressenties : Rohan demande systématiquement à sa mère de couper toutes les étiquettes à l’intérieur des vêtements. Il retire chaussures et chaussettes dès que nous démarrons la séance. « La couture du bout des chaussettes me gêne ». On peut appeler cela l’hyperkynesthésie.

D’autres personnes sont très sensibles au bruit et/ou à la lumière. Lorsque la luminosité extérieure est importante, Achille tire instantanément les rideaux ou les volets de la pièce où nous travaillons. Hugo se bouche les oreilles lorsque les sons, les bruits alentours sont trop forts. Jarod se plaint souvent de migraine. Warren, alors que nous travaillons dans une salle au milieu d’un bâtiment, réagit à un bruit bien extérieur… celui qui provient d’une tondeuse, quatre ou cinq rues plus loin : « Ce bruit de fond m’empêche de me concentrer sur ce que dit mon maître, je n’entends que cela ». Luka peut avoir un comportement très agressif lorsque, les jours de pluie, sa classe fait sport ou récré sous le préau, très/trop sonore. L’écho des cris des enfants est ressenti dans tout leur corps avec inconfort et incompréhension.

« Quand le bruit des autres est trop fort, je crie encore plus fort pour couvrir, pour ne plus entendre tous ces sons insupportables » dit Mia lors du bilan des séances de groupe.

Et puis, il y a les personnes à l’odorat très développé : l’hypersensibilité olfactive. Gaëtan est capable de reconnaitre les personnes à leur odeur corporelle. Il est aussi capable, sans le voir, de repérer un fumeur à 50 mètres de lui, lui tournant le dos. Et puis, il y a cette parole très spontanée : « tu pues ! » lorsqu’ils sentent une odeur de transpiration après l’enchaînement des exercices dynamiques.

 

Quelques chiffres ?

20 millions de personnes en France sont concernées. On dit qu’actuellement se sont environ 20% des individus qui sont touchés par une hyper-sensibilité. Et certains spécialistes annoncent que ce chiffre va augmenter, pour atteindre probablement 30% de la population.

Quant aux HPI, les chiffres sont plus bas : on parle de 2.3% de la population.

Vous l’aurez compris, douance et sensibilité sont deux aspects différents de la personnalité. Néanmoins, parfois elles peuvent être présentes en même temps : l’enfant est à la fois doué et sensible. Parfois, on peut constater la présence d’une douance, d’une sensibilité et de troubles de type « dys- » (-lexie, -orthographie, -graphie, -praxie et/ou attention, concentration). Et parfois, un seul trait de caractère est présent.

 

Quelles sont les causes de ces traits de caractère ?

Les études sur ces thématiques sont relativement récentes. Les connaissances évoluent régulièrement. De nombreux scientifiques continuent à étudier ces sujets pour mieux nous aider à comprendre et accompagner.

L’origine de ces tempéraments reste encore difficile à expliquer avec certitude. Néanmoins, les spécialistes établissent que les causes sont multifactorielles : elles seraient un savant mélange entre « prédispositions familiales », « expérience de vie » et « impact de l’environnement ». Choc émotionnel, stress post-traumatique… peuvent être quelques-unes des causes possibles.

Ces traits de personnalité peuvent donc être en lien avec le vécu, depuis la prime-enfance, voire de la période intra-utérine. Et, plus tard, lorsque l’adolescent vit ou subit un stress très fort, dort peu ou mal, la combinaison de ces deux éléments peut momentanément renforcer son hypersensibilité. Les épreuves, les changements majeurs constituent parfois ces périodes temporaires.

Enfin, certains professionnels pensent que les changements hormonaux peuvent avoir une influence sur la perception des émotions, des sensations.

 

Comment peut-on savoir si l’on concerné ? Existe-t-il des tests ?

Pour les hyper-sensibles : depuis plusieurs années déjà, Elaine ARON spécialiste américaine du sujet, a créé un questionnaire. Saverio TOMASELLA a adapté un questionnaire en français : https://www.saveriotomasella.com/test.

Pour les hauts potentiels : un test existe, que seul un psychologue spécialisé est habilité à vous faire passer.

 

Quels sont les signes les plus significatifs, permettant de se sentir « atypiques » ?

  • Une capacité à traiter de grandes quantités d’informations et de les analyser rapidement,
  • Une perception et un traitement des informations sensorielles détaillés,
  • Une grande fatigabilité,
  • Un besoin important de justice, de cohérence,
  • Une grande sensibilité au stress,
  • Une grande sensibilité émotionnelle,
  • Beaucoup d’empathie.

Les personnes atypiques sont aussi curieuses, parfois solitaires, souvent perfectionnistes, s’ennuyant dans certains contextes.

Nous avons tous l’un ou l’autre de ces signes. Cela ne fait pas de nous tous des hyper-sensibles. Pour être reconnu hypersensible ou précoce, il doit y avoir plusieurs signes en présence en même temps. Et cela doit alors être validé par un-e  spécialiste dans ce domaine de compétence.

 

Comment la Sophrologie peut aider à mieux vivre cette singularité ?

La sophrologie permet avant tout de mieux se connaitre. Mieux comprendre le fonctionnement de notre corps, de nos pensées, de nos émotions, de nos sensations… pour mieux vivre son atypie.

Pour les enfants, les adolescents, les adultes, en tant que sophrologue, nous apportons des outils concrets pour apprendre à identifier ce qui se passe en eux, pour leur permettre de comprendre et d’agir différemment, pour moins subir les situations inconfortables et difficiles.

Je rencontre des tout-petits, 3/6 ans, qui témoignent des montagnes russes qu’ils vivent, toutes ces émotions vives et diverses, ressenties au fil de la journée. Faïza, visage peiné, me dit :

« Je suis très triste aujourd’hui. Mon papa me manque. Je suis différente des autres. Et je n’ai pas d’ami-es. Je suis allée pleurer toute seule, dans un coin de la cour ».

Vous l’aurez constaté au fil de cet article, stress et fatigue sont des amplificateurs de sensibilité. La sophrologie va aider à acceuillir les émotions, améliorer la qualité du sommeil.

La sophrologie dispose de divers outils pour comprendre ce qui se vit dans notre corps, notre mental. Elle permet de mieux se connaitre, mieux réguler les émotions, le stress, l’angoisse, la fatigue. Apprendre à diminuer la charge mentale.

Le sophrologue adapte les conseils et les pratiques à chaque situation particulière, selon le vécu et les sensibilités repérés.

Ma pratique et mon accompagnement sont étayés par mes expériences professionnelles antérieures, ma formation de sophrologie caycédienne, mes formations régulières spécifiques sur ces thèmes, les nombreuses personnes accompagnées, un vécu, des proches touchés par ces thématiques.

 

Alors, cadeau ou fardeau ?

Au fil des séances d’accompagnement, la sophrologie aide à mieux se connaitre pour mieux accepter et vivre avec ses différences. Chacun-e apprend à apprivoiser ses perceptions. Chacun apprend à réfléchir et trouver en quoi sa singularité, sa personnalité, ses compétences particulières vont être des atouts dans la vie personnelle, sociale, familiale et professionnelle.

Toute l’énergie dépensée au niveau des émotions accumulées a un impact sur le plan physique. Fatigue accrue, trouble du sommeil, tension nerveuse, dérèglement digestif, anxiété souvent accrue, risque d’épuisement.

La sophrologie aide à mieux se connaitre pour mieux vivre sa singularité. Trouver sa place dans les différents domaines de vie. Agir et non plus subir sa réactivité. Savoir se mettre en retrait pour se ressourcer.

L’idée étant de pouvoir petit à petit allèger le fardeau pour laisser se dévoiler tous les potentiels, toutes les portes qui peuvent s’ouvrir à ces multiples potentiels, à vos multiples pontentiels.

 

Quelques références :
  • Elaine ARON, psychologue américaine, auteure et créatrice d’un test de repérage / hypersensibilité
  • Nathalie ALSTEEN, créatrice du congrès de la Douance
  • Cathy ASSENHEIM, neuropsychologue – propose un diagnostic en ligne
  • Séverine GUY, éducatrice spécialisée et mère d’enfants à haut potentiel, créatrice de congrès
  • Siegfried CEY, créateur de l’Université des Hauts Potentiels
  • Jeanne SIAUD-FACCHIN, psychologue clinicienne, auteure et fondatrice de Cogito’Z
  • Fabrice MIDAL, philosophe et auteur
  • Saverio TOMASELLA (*), psychologue, psychanalyste et auteur. Créateur de l’Observatoire de la Sensibilité et d’un test de 40 questions pour repérer son hypersensibilité (ou non)
  • Christelle PETITCOLIN, auteure du livre « Je pense trop »
  • Monique HUON de KERMADEC, auteure des livres « La Femme surdouée », « l’adulte surdoué », « Le petit surdoué de 6 mois à 6 ans » …
  • Daniel GOLEMAN, psychologue américain et auteur de l’ouvrage « L’intelligence émotionnelle »

Etre sensible et different, fardeau ou cadeau ?

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1 Commentaire

  1. anne boulon lefèvre

    article complet et concret, qui a sûrement demandé pas mal de boulot …bravo Josiane, je suis jalouse de cette capacité à créer des articles pertinents, il faut que je m’y mette sérieusement…
    Du coup je n’ose pas publier les ébauches moins documentées que j’ai faites

    Anne

    Réponse

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